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L’art d’après-garde
« Mais une réalité frappe d’emblée : la profonde féminisation de la pratique artistique […] Un sociologue pessimiste y verra le signe de la paupérisation du milieu : comme pour les journalistes ou les professeurs, une profession qui perd de son éclat et de son statut social se féminise aussitôt. D’autres crieront victoire. » Ce paragraphe m’arracha
violemment à ma torpeur estivale : indignée, je le montrai
à mon copain. Il avait lu l’article auparavant sans traumatisme
apparent, mais lorsque je lui exposai mes griefs, il me dit : «
Mais alors, ça signifie que ce milieu est encore plus machiste
que la société ! » (Ce jeune homme travaille dans
les travaux publics.) En effet, quel est-il , le sociologue CHOISI par l’auteur de l’article ? Certainement pas Bourdieu en tous cas, qui démontre que 1) la féminisation d’une profession équivaut socialement à sa paupérisation …..et non pas l’inverse ( la paupérisation d’une profession entraine sa féminisation) PARCE QUE 2) le même travail accompli par une femme ou un homme n’a pas la même valeur sociale PARCE QUE 3) notre société considère la femme comme inférieure à l’homme.
Car finalement, cette phrase passée inaperçue est totalement révélatrice de l’état d’esprit du milieu de l’art contemporain français « officiel », c’est-à-dire institutionnalisé. Revenons près de chez nous : 3% de femmes dans le corps d’enseignement des Beaux-Arts de Nice, la Villa Arson. Des études sociologiques ont démontré que, dans la société - et de manière plus aigue encore dans un environnement hostile à la féminisation- les femmes ont tendance à intégrer psychiquement et physiquement le point de vue dominant. ( d’ailleurs, l’auteur de l’article de Beaux-Arts Magazine est une femme). Il leur est alors offert
deux « options » , c’est ce que Bourdieu appelle la
situation de double bind : - soit se soumettre au fantasme machiste de la femme objet sexuel et renchérir sur ce panneau, par exemple dans leur comportement vestimentaire , avec une attitude destinée à plaire et séduire, tournée essentiellement vers le paraître .
« Mais alors ça signifie que ce milieu est encore plus machiste que la société ! »
Je suis partie. J’ai choisi la liberté d’expression. Je choisirai toujours la liberté d’expression, même si elle m’a coûté très cher, et même si elle me coûte encore très chère à l’heure actuelle.
« Il est essentiel, pour une démocratie, de protéger la liberté de l'artiste contre l'arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Et il est également essentiel de défendre la liberté de la création et de la diffusion contre les phénomènes d'entrave économique telles les menaces d'abus de position dominante, d'uniformisation des contenus et d'absence de visibilité des œuvres que font peser les mouvements de concentration. » J’aimerais bien savoir comment ils l’observent , la liberté d’expression, ces gens-là, et leur suggérer, au lieu de l’observer à la longue-vue, de l’observer avec des lunettes de presbyte , pour voir de très près ce qui se passe dans leur paroisse. Le milieu de l’art contemporain officiel français est-il moins libre que la société ? Soyons clair. Tout le
monde sait que , dans la société, la liberté d’expression
n’existe pas. Petit, si on dit à son père : «
Papa, tu es un con. », on a une bonne chance de se prendre une torgnole.
Si des parents disent à leur enfant dans un lieu public : «
Espèce de petit con ! », ils ont une bonne chance qu’on
leur colle la Ddass sur le dos. Si, au travail, on dit à son chef
: « Vous êtes un con ! » ( ou, variante « Je ne
suis pas d’accord avec vous. »), on a une bonne chance d’être
viré. Non, le milieu de l’art contemporain officiel n’est pas moins ou plus libre que la société, il est juste plus cynique. Cynisme = dichotomie consciente entre le discours et les actions
Car c’est une autre
caractéristique de l’art contemporain officiel : telle la
bulle financière spéculative totalement déconnectée
de la réalité qui a éclaté avec pertes et
fracas en 1989 (cynisme = dichotomie consciente entre le discours et les actions) Que peut apporter un art totalement coupé de la société ?
Lorsqu’on essaie de changer , ou du moins de remettre en question le Système , comme je l’ai fait en essayant d’instaurer un débat avant de partir de la Villa Arson , avec mes moyens, certes, dérisoires, on se heurte à un silence, une indifférence remplis de mépris, et le système continue avec ses abus en tous genres, ses acteurs se sachant - se croyant- protégés en son sein par l’immunité de l’Institution , entité tentaculaire et opaque . Ne peut-on qualifier ce système de conservateur, puisqu’il est incapable de - et surtout sciemment opposé à - tout changement ? Je résume : - L’Art Contemporain Officiel Français
est plus machiste que la société.
Heureusement, un nombre croissant d’artistes de toutes sensibilités, ne se reconnaissent plus dans cet Art d’Après-Garde et créent avec force , vitalité et imagination, des réseaux parallèles pour créer et montrer leur création. Et heureusement, de rares
journaux , tels Le Patriote , au péril de leur existence, prônent
ET appliquent la liberté d’expression….
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