Jusqu’à
présent, toutes sortes de personnalités, pour dénoncer
les dysfonctionnements mentionnés, se sont exprimées
à la place des artistes : historiens, critiques d’art…
Or, les artistes doivent se réapproprier la parole, le
pouvoir , briser le silence et la peur. Ce que fait cette pétition.
Un problème crucial est celui de la vérifiabilité
des critères de sélection ou d’exclusion des
institutionnels. Si on évoque la visibilité faible
et décroissante des artistes français soutenus à
l’étranger, les institutionnels crient au sacrilège-mercantilisme
; le peu d’intérêt du public pour l’art
contemporain présenté, mesuré en nombre d’entrées
à une exposition, ils crient alors au sacrilège-populisme.
J’ai reçu une lettre d’un directeur de FRAC,
juste un peu plus franc que les autres, qui écrit tout
haut ce que tout le monde fait tout bas, disant texto: «
votre travail ne peut toucher ma propre sensibilité, j’en
suis désolé » Or, un directeur de FRAC n’acquiert
pas des œuvres avec son argent pour décorer son appartement
à son goût. Il est nommé – et payé
- par l’Etat pour acquérir avec l’argent des
contribuables des œuvres qui témoignent , pour une
époque et une région données, de la création
dans toute sa diversité.
Il est urgent de remettre en question ce système sans contrôle,
perverti au fil des années. Les artistes doivent être
plus présents dans les instances de pouvoir artistiques.
En effet, ne sont-ils pas les seuls vrais experts en art?
Notre belle région attire constamment de nouveaux talents.
Mais une fois qu’ils ont mesuré l’immobilisme,
la frilosité et le noyautage institutionnels en place,
ils ne restent pas. C’est dommage !
Si les institutions mises en cause ne se recroquevillent pas sous
l’effet de la douleur , mais voient au contraire en cette
pétition une opportunité saine d’échanges,
de réflexion et d’action commune, au niveau national
et/ou régional, une nouvelle ère riche en vitalité
s’ouvre à l’art contemporain français.