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Essai de taxonomie
Le juge de Louis
Dollé exposé devant le tribunal de Nice Qu’est-ce qu’un artiste officiel ? La tentation
est grande de schématiser à l’extrême : nouvelles
technologies et concepts pour l’artiste officiel ; peinture et sculpture
pour l’ artiste de la face cachée. Partons de la
fin : un artiste officiel est un artiste soutenu par les réseaux
des institutions culturelles françaises ( comme la DRAC, les FRAC,
les centres d’art régionaux ou nationaux, les écoles
d’art) suivies et relayées servilement par leur meute de
galeries privées officielles , collectionneurs officiels, magazines
culturels officiels ( Beaux-Arts Magazine et ArtPress principalement).
· Première
caractéristique de l’artiste officiel : il accepte, plus
ou moins consciemment, cette fonction de vassal auprès des Institutions.
Qu’en est-il alors de sa fonction dans la société
? · Secundo, l’artiste officiel adopte la vision institutionnelle de l’art. L’art, chez les officiels, c’est du sérieux . D’où relations formatées excluant toute spontanéité, costumes et allures de croque-morts, mines ternes , absence généralisée de légèreté, mais…-et là on voit poindre la troisième grande caractéristique de l’artiste officiel - humour accepté dans l’ œuvre s’il est accommodé à la sauce institutionnelle : l’Institutionnel est un hypertrophié du cerveau et un atrophié de tout le reste ( sensibilité, émotion, relation humaine, corps). Lentement mais sûrement, l’artiste officiel va vers la facilité : il crée dans la direction la plus rapidement comprise par ses interlocuteurs , d’où cette impression d’uniformisation vers le conceptuel.
Les plus intelligents
deviennent schizophrènes. En effet, comment créer une œuvre
drôle quand on est interdit d’humour ? une œuvre géniale,
novatrice, excentrique lorsqu’on est asservi au format des cases
de dossier ? Comment mettre en œuvre des performances centrées
sur le corps quand le corps est méprisé ? ( une fois de
plus, les apparences ne doivent pas tromper : la sexualité omniprésente
dans ce milieu-là n’est jamais l’expression d’une
sensualité épanouie , mais toujours un outil des rapports
cyniques de domination). Comment créer du sensible quand l’
environnement a annihilé toute sensibilité en l’individu
? Les Institutionnels , à la duplicité proche de la schizophrénie, se sentent-ils ainsi moins seuls ? Eux qui se sont engagés dans l’institution culturelle française par amour de l’art - accordons-leur tout de même ça- et qui avalent inlassablement la même soupe incolore inodore sans saveur , mais sont ferrés et bâillonnés par le système . Observez ! La schizophrénie est un thème récurent dans le microcosme officiel. Or, ne l’oublions jamais, la première caractéristique d’un véritable artiste, c’est la liberté : liberté de consacrer sa vie à une activité fondée sur l’esthétisme et non le productivisme, liberté de penser à rebrousse-poil du conformisme social, liberté de chercher, liberté d’errer, liberté d’expérimenter et… liberté d’expression ! Sophie Taam
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