| Géraldine
Le Leannec
a été diplômée des Beaux-Arts de
Brest en 2001 et a beaucoup travaillé, pendant, et après.
Elle a participé à de nombreuses expositions et a
déjà collaboré avec différents artistes:
Georges Lobo, Huang Yong Ping, François Béalu, Isabelle
Arthuis, Abraham Poincheval. Elle vit désormais aux iles
Grenadines dans les Caraïbes.
Elle s'est spécialisée dans la sculpture.
Elle a collaboré avec Sophie Taam pour la performance
du Tunnel Mal-Aimé à
Cap D'Ail en 2006 sur invitation de No-Made.
Extrait d'un texte écrit par Sophie Taam sur
le travail de Géraldine
Le Leannec:
Ses sculptures semblent issus d’un monde
sous-terrain , sous-conscient, qui a son existence propre et affleure
très accidentellement à la surface , tel son « pousse
ou repousse », pour se donner à voir à nos yeux néophytes.
On sent bien qu’on a ici accès à la pointe de l’iceberg
et que ce monde-là est effrayant. Il m’évoque la race
des Nibelungen de Wagner , ces albes noirs qui habitent les entrailles
de la terre, ces gnomes hideux avec Alberich à leur tête.
Animal, organique, humain, extra-terrestre, visionnaire, onirique ?
Grâce à l’harmonie et au naturel
avec lesquels Géraldine Le Leannec évolue dans ce monde-là,
il se pose comme une légitimité et une réalité
incontestables. Face à lui, nous doutons de la réalité
de notre univers parallèle « normal ». Parce que ces
créatures, ces sculptures nous parlent malgré tout ; elles
sont composées de notre alphabet, suffisamment reconnaissable pour
que nous tentions de le déchiffrer. Oui mais quand on regarde de
plus près, l’assemblage des éléments est loufoque
et dérangeant : voici là un corps de bébé
avec une tête de vieillard, ici un corps de chien ( ou de loup ?)
avec une gueule d’homme menaçante.
Sans oublier que Géraldine utilise dans ses titres notre langage
avec subtilité et humour… tout ça pour nous embrouiller
davantage.
Dans ses dernières installations, les créatures
se risquent hors des entrailles de la terre pour visiter notre société
contemporaine : le résultat n’en est que plus décalé,
comme l’atteste « Ragemani ». On hésite entre
le rire et l’effroi.
Décidément, il y a bien quelque chose
de wagnérien dans le travail de Géraldine Le Leannec : la
patiente, minutieuse et gigantesque élaboration d’un univers
avec son propre langage issu des bas-fonds les plus insondables de l’âme
humaine.
Mais si ce travail nous touche autant, c’est certainement parce
que nous sentons bien en le côtoyant que ces bas-fonds et ce monde-là
sont enfouis en chacun de nous, dans les recoins ombragés des fantasmes
et terreurs ancestraux.
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